Introduction
:
De
même que dans la plupart des arts, il existe en musique
une relation étroite entre la structure d'une oeuvre et
le matériau utilisé. Les compositeurs doivent trouver
une forme d'expression qui corresponde à ce matériau.
Notre solfège très "hiérarchisé" n'a d'intérêt
que parce qu'il permet d'exprimer les idées du
compositeur. La musique est une sorte de discours
narratif qui gère deux phénomènes opposés et complémentaires
: le mouvement du grec Kimema et l'arrêt du grec Stasis.
Nous
allons étudier les principales fonctions organisatrices
de l'époque baroque à nos jours.
- I. Phrase, motif, carrure,
période.
- II. Procédés harmoniques
= cadences, modulations
- III. Notes étrangères;
notes de passage, broderies, retard, appogiature,
anticipation, note ajoutée, échappée, pédale.
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- a) Du latin phrasis, du
grec élocution. La phrase expose une idée plus
ou moins complexe et close. Oeuvre conseillée à
écouter ; Smphonie N°104 Londres, Andante;
phrase d'introduction qui ouvre le discour (fenêtres
de plus en plus grandes).
- La comréhension d'une
phrase est liée au rthme et à la respiration;
le phrasé. Le phrasé est de l'ordre de
l'interprétation. François Couperin fut le 1er
à utiliser ce terme en 1722 dans le 3ème livre
des pièces de clavecin. Le phrasé peut se
traduire par des points d'orgues, les piqués,
les liés par 2, les accents, les liaisns, les détachés
ou encore les rubati.
b)
Une phrase musicale est le plus souvent découpée en
deux propositions similaires de 4, 8 ou 16 mesures (comme
en architecture: les 4 murs d'une maison). Ces
propositions qui se répètent sont désignés comme
carrures. Oeuvre conseillé à écouter, Symphonie de
Londres de Haydn et Les Noces de Figaro de Mozart "Voi
che sapete"; air de chérubin).
- c) Deux périodes de quatre
mesures font apparaitre un dessin mélodique
fortement apparenté; c'est le motif. La 1ère
proposition est appelée antécédent (4 mesures)
et se termine le plus souvent par une demi-cadence.
- La 2ème proposition est
appelée conséquent et se termine par une
cadence parfaite.
- Cependant la notion de
carrure est parfois battue en brèche comme dans
la badinerie de la IIème suite en si min de J-S
BACH, dont le conséquent: 12 mesures dépasse
largement les propositions de l'antécédent (4
mesures).
d)
La carrure très forte à l'époque classique est malmenée
par Hector Berlioz en France (1802-1869) qui fut l'un des
premiers à réagir contre cette trannie à laquelle il
subtitue une unité de timbre et de couleur. Oeuvre
conseillé à écouter: La scène au champs de la
Symphonie Fantastique de Berlioz ou encore le sacre du
printemps d'Igor Stravinsky.
- e) D'une manière générale
la phrase musicale traditionnelle fut plus ou
moins abandonnée au cours du XXème siècle. On
trouve au XXème siècle d'autres formes
d'organisation; les compositeurs préfèrent
l'agencement de motifs aux phrases. Exemple; la
sinfonia n°11 de BACH est articulée autour d'un
motif arpégé d'une mesure ( Voir l'étude
complète de la sinfonia n°11).
- Autre exemple d'utilisation
du motif dans le second mouvement du 4ème
quatuor à corde de Bela BARTOK (1928); les
motifs chromatiques exposés aux différents
instruments se complètent par un jeu rythmique
complexe et inattendu (mesure 15-20 et 60-65) (Voir
détail de l'oeuvre).
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